Quel est l’apport de la population immigrante au marché de l’emploi?
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05/2019

Quel est l’apport de la population immigrante au marché de l’emploi?

« La main-d'œuvre immigrante au Québec, en chiffres... »

« L’apport de la population immigrante au marché du travail québécois est appelé à devenir de plus en plus important, car celle-ci est majoritairement composée de personnes en âge de travailler », dit Marc-André Demers, analyste en statistiques du travail à l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).


Les chiffres tendent à lui donner raison : de 2006 à 2017, période couverte par une récente étude de l’ISQ sur la question, la population active québécoise a augmenté de 1 %. Cette croissance est toutefois dix fois plus rapide chez la population immigrante (4 %) que chez celle dite native (0,4 %), faisant passer la proportion du premier groupe de 11,5 % à 16,0 % en 11 ans. Cette hausse importante n’a toutefois pas réussi à combler l’écart avec le taux d’emploi des natifs, encore supérieur chez les 25-54 ans.

Pendant la même période, le Québec a connu une hausse de 480 000 emplois, dont plus de la moitié sont occupés par des personnes immigrantes. Ces nouveaux postes permettent d’augmenter leur représentativité dans le portrait de l’emploi total avec 15,6 % en 2017, comparativement à 10,9 % en 2006. Il est important de préciser que ces emplois sont pour la majorité à temps plein, permanents et concentrés dans la région métropolitaine de Montréal. L’étude a par ailleurs mis en lumière la sous-représentation des immigrants dans les régions métropolitaines de Québec et de Sherbrooke.


Des secteurs plus favorables

Les soins de santé et l’assistance sociale sont les deux domaines d’emploi qui ont attiré le plus d’immigrants depuis 2006. C’est néanmoins dans un tout autre secteur que la proportion de travailleurs immigrants est devenue la plus importante au fil des ans : celui du transport et de l’entreposage, passant de 10 % en 2006 à 23 % en 2017. Plusieurs secteurs peinent à représenter adéquatement les immigrants au sein de leur main-d’œuvre : l’enseignement, la culture, l’administration publique, la construction et les autres industries du secteur des biens affichent un retard en ce sens.


La surqualification en hausse

Le phénomène, plus répandu au sein de la population immigrante que chez les natifs, est en hausse et a atteint le sommet de 44 % en 2017 (comparativement à 37 % en 2006, alors que le taux a peu bougé du côté des natifs). L’analyste Marc-André Demers précise : « Un regard selon la durée de résidence montre que le taux de surqualification augmente uniquement chez les immigrants arrivés depuis plus de 5 ans, passant de 33 % à 42 %. Chez les immigrants arrivés depuis moins de 5 ans, il demeure stable à un peu plus de 50 %. »


L’avantage du diplôme canadien

Les détenteurs d’un diplôme d’une institution scolaire canadienne jouissent d’une nette avance sur le marché de l’emploi, puisqu’ils détiennent près de la moitié de la croissance de l’emploi chez les immigrants, avec 116 000 emplois. Si les titulaires d’un diplôme européen s’en sortent plutôt bien, avec 20 % de la hausse d’emploi, « les immigrants ayant fait leurs études en Afrique, en Asie et en Océanie ainsi qu’ailleurs en Amérique continuent d’être moins présents dans l’emploi ».

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