Les vacances illimitées, une bonne idée ?
  • Partager l'article

12/2019

Les vacances illimitées, une bonne idée ?

« La formule est séduisante sur papier. Est-ce vraiment une bonne idée? »

Le système de vacances illimitées, qui jusqu’à présent restait assez confidentiel, commence à se répandre. La formule est séduisante sur papier. Est-ce vraiment une bonne idée? 


Prendre autant de congés que l’on souhaite, un rêve devenu réalité? Partout dans le monde, des employeurs se laissent tenter par cette nouvelle philosophie du travail. Apparu à l’aune des années 2000 dans les entreprises de la Silicon Valley, le concept a été rendu célèbre par le géant de la vidéo en ligne, Netflix, en 2004. L’idée est simple: l’employé peut prendre autant (ou aussi peu) de congés payés qu’il le souhaite, tant que ses tâches sont accomplies. Cette organisation du travail, qui permet davantage de flexibilité, a pour but de responsabiliser le salarié en le laissant gérer son emploi du temps tout en renforçant son moral. «Nous devons nous concentrer sur ce qui doit être fait par l’employé, pas sur le nombre d’heures qu’il effectue», a expliqué Netflix dans son rapport intitulé «Freedom and Responsability Culture» en 2009.


Depuis, d’autres grands groupes internationaux ont adopté cette manière de faire, tels Adobe, Virgin, Glassdoor, Indeed. «Notre politique de vacances illimitées augmente la productivité de notre personnel et propulse la croissance de notre entreprise. Je dirais même que toutes les entreprises devraient nous emboîter le pas», a déclaré, enthousiaste, le vice-président mondial des ressources humaines chez Indeed, Paul Wolfe, en 2018.


Le point sur la réalité québécoise

Atout majeur de recrutement dans un secteur qui s’arrache la main-d’œuvre, cette pratique a fait son apparition sur le sol canadien il y a déjà plusieurs années. Kronos comme GSoft ont adapté ce concept, avec quelques modifications.


Chez GSoft par exemple, où les travailleurs doivent respecter des règles (les congés ne doivent pas avoir une incidence sur le projet en cours, par exemple), on parle plutôt d’une «absence de politique de vacances». «Si je fais assez confiance à mes employés pour bâtir des logiciels utilisés partout dans le monde par des milliers d’organisations d’envergure, alors pourquoi ne leur ferais-je pas assez confiance pour les laisser choisir leurs vacances?» témoigne le fondateur de GSoft, Simon De Baene, sur son blogue.


L’envers de la médaille

Ce modèle ne comporte pas que des avantages. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, certaines études ont démontré que lorsque les salariés sont libres de déterminer leurs congés, ils auraient tendance à s’absenter moins souvent.


À preuve, les résultats d’un rapport réalisé en 2017 par le spécialiste des logiciels de gestion de ressources humaines Namely montrent que les employés américains bénéficiant de vacances illimitées n’en prenaient en moyenne que 13 jours par an, comparativement à 15 pour le personnel soumis au régime traditionnel.


Au Québec, certains défenseurs du droit des salariés estiment également que les entreprises ont, en proposant des vacances illimitées, trouvé une façon de ne pas payer aux employés l’indemnité à laquelle ils auraient droit pour leurs vacances accumulées.


Par ailleurs, cette proposition est généralement liée à des objectifs que le salarié doit atteindre. Ce genre d’organisation du travail peut engendrer pression, concurrence et jalousie entre les membres d’une même équipe, voire détériorer l’esprit d’équipe, diront les plus sceptiques.


En quête d'un emploi stimulant? Postulez dès maintenant en créant votre compte sur À Table! Emplois

Politique de confidentialité et utilisation des fichiers témoins (cookies)

À table! Emplois utilise les fichiers témoins sur l’ensemble de son site afin de pouvoir améliorer votre expérience utilisateur. Apprenez-en plus sur notre utilisation des fichiers témoins et notre politique de confidentialité ici. En continuant l’utilisation de notre site ou en fermant cette fenêtre, vous acceptez notre utilisation des fichiers témoins.