Entrepreneuriat: à chaque génération, ses motivations


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01/2020

Entrepreneuriat: à chaque génération, ses motivations



« L'époque est à l’autonomie professionnelle. »

S’établir à son compte : un rêve que caressent de plus en plus de Canadiens. Routards expérimentés ou jeunes visionnaires, ils envisagent l’aventure chacun à leur façon, révèle un récent sondage.

 

L’époque est à l’autonomie professionnelle : le nombre de Canadiens qui souhaitent créer leur propre entreprise ne cesse de grimper. Déjà élevée en 2018 (54%), leur proportion a atteint 57% en 2019, d’après un sondage réalisé en septembre par la RBC. Mais on n’envisage pas cette aventure à 60 ans comme à 20 ans.

Ainsi, la moitié des baby-boomers (49%) qui ont lancé ou qui pensent mettre sur pied une entreprise veulent tirer parti de leur vaste expérience pour accroître leurs revenus de retraite.

C’est notamment le cas de l’océanographe Serge Lepage qui, après une carrière de fonctionnaire fédéral, a choisi de devancer l’âge de la retraite et de se lancer à son compte comme rédacteur scientifique, consultant et conférencier. «Non seulement pour combler un certain manque à gagner, mais surtout pour continuer à contribuer activement dans mon domaine», précise-t-il.

Le départ des enfants serait un autre incitatif qui pousse les baby-boomers vers l’entrepreneuriat. Ils sont en effet 46% à avoir démarré ou acheté une entreprise une fois les moineaux envolés du nid, et une forte proportion d’entre eux affirment qu’il s’agissait là de leur principale motivation.


Jeunes pousses

Les millénariaux, quant à eux, même s’ils ne représentent actuellement que 24% des propriétaires des petites entreprises (contre 42% du côté des baby-boomers), ont des fourmis dans les jambes, selon les chiffres de la RBC. En effet, 70% disent avoir déjà envisagé de monter leur boîte, un bond de 7% par rapport à 2018. Entrepreneurs dans l’âme, plus de la moitié ont un emploi secondaire dans « l’économie à la demande », un secteur qui utilise les nouvelles technologies pour générer des biens ou services de manière quasi immédiate (on pense à Uber, notamment).

Ces données ne surprennent pas Claude Martel, président d’Inno-centre, le plus grand accélérateur de PME au pays. «L’expérience entrepreneuriale se vit très différemment selon les générations, dit-il. D’un côté, les baby-boomers se lancent en affaires pour faire aboutir un projet longtemps mûri. C’est leur expérience qu’ils souhaitent mettre à profit à titre de gestionnaire d’entreprise. Les plus jeunes sont quant à eux animés par le désir de réaliser un rêve, par une vision idéaliste et optimiste face à l’avenir. Ils ont une expertise ou une idée et ils veulent en tirer parti.»

Au chapitre des motivations, les membres de la génération Y se lanceraient en affaires pour avoir le plein contrôle de leur carrière et mener des activités qui correspondent à leurs valeurs. La transmission d’un legs à leurs enfants arriverait aussi en tête des aspirations, toujours selon résultats du sondage.

«Les jeunes entrepreneurs, comme les plus vieux, sont animés par une passion brûlante de changer le statu quo, souligne Luc Giguère, directeur des programmes Accélération de Centech, un propulseur d’entreprises en démarrage lié à l’ÉTS. Les entrepreneurs le voient comme un jeu, un défi, comme passer au prochain niveau dans un jeu vidéo. Sans cette naïveté face à l’adversité, ils ou elles ne s’y lanceraient pas», explique-t-il.


Se lancer, oui, mais avec précaution 

Peu importe leur âge, futurs ou nouveaux entrepreneurs sont plus prudents et mieux préparés que leurs prédécesseurs qui, dans le passé, se contentaient surtout d’une prise de contact avec des clients potentiels avant de se jeter à l’eau.

«Aujourd’hui, les aspirants à l’entrepreneuriat agissent avec pragmatisme et de manière plus méthodique», affirme Claude Martel d’Inno-centre. Une constatation confirmée par les chiffres qui révèlent que, pour 68% d’entre eux, pas question de se lancer en affaires sans avoir fait ses devoirs, car les recherches constituent l’étape la plus importante dans le démarrage d’une entreprise.


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