La sécurité alimentaire sur la table
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05/2020

La sécurité alimentaire sur la table

« Voici ce qui bouge dans l’industrie agroalimentaire. »

Les experts sont formels : la pandémie de COVID-19 changera à jamais la face du monde, incluant le secteur de l’alimentation. Mais l’industrie agroalimentaire locale peut-elle nourrir les Québécois sans dépendre des importations ? 

Au début de la crise sanitaire, l’industrie observait des changements dans les comportements des consommateurs. Notre nouvelle réalité entraînerait des changements durables dans la chaîne d’approvisionnement et sur notre manière de consommer, révèle une étude de la firme Nielsen.

Ces nouveaux comportements ont un effet important sur l’industrie agroalimentaire, écrit Mike Geraghty : « Ils entraîneront probablement des changements permanents dans la façon dont les consommateurs achètent leurs aliments et comment les chaînes d’approvisionnement répondent à l’évolution de la demande des consommateurs. »

Comment cela se traduira-t-il au Québec ? Il est encore un peu tôt pour le dire, mais la conjoncture tend à favoriser une certaine autonomie alimentaire, ou du moins une volonté de consommer des produits locaux.

Déjà, des données rendues publiques par le ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation (MAPAQ) indiquent qu’une « grande part des aliments consommés au Québec est de source québécoise et canadienne [et que] le Québec est autosuffisant pour une large gamme de produits », notamment la viande de porc, de veau et de volaille. « Il l’est également pour les produits laitiers en général, les pommes de terre et les produits de l’érable ».


« Pour plusieurs catégories d’aliments, le Québec produit au moins l’équivalent ou presque de ce qu’il consomme. Par exemple, pour chaque kilogramme de viande de porc consommé ici, le Québec en produit quatre kilogrammes. »


Du côté des fruits et légumes, le Québec est autosuffisant à 60 % et à 90 %, respectivement, toujours selon le MAPAQ. Pas moins des deux tiers des intrants alimentaires des transformateurs sont locaux.

Production saisonnière

Là où le bât blesse, c’est notamment du côté de la saisonnalité des produits. « Les deux tiers du volume des importations québécoises de légumes en 2018 ont été observés durant les mois de janvier à juin ainsi qu’en décembre », rappelle le MAPAQ.

« Est-il utopique de penser que nous pourrions devenir un jour pleinement autosuffisants ? » questionne le PDG de Sollum Technologies, Louis Brun, dans une lettre d’opinion.

Pas tant que ça, estime de son côté Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal. « Dans beaucoup de secteurs, le Québec serait prêt à devenir autosuffisant, a-t-il affirmé en entrevue au Journal de Montréal. C’est sûr qu’on ne fera pas pousser des bananes, mais la majorité des produits que l’on consomme sont relativement simples à produire. »


« Même s’ils semblent prêts à encourager le commerce local, les Québécois pourraient cependant être freinés dans leur élan par le prix des produits et la disponibilité. »


Il y a, en tout cas, une volonté politique de changer la donne, comme le soulignait tout récemment Les affaires : « Non seulement le gouvernement Legault veut-il doubler la superficie de la production en serre au Québec dans les prochaines années, mais il souhaite aussi structurer l’industrie à l’image d’une grappe industrielle. »

L’industrie serricole québécoise n’est toutefois pas mûre pour accélérer sa production. « À quelques exceptions près, la serriculture est un secteur morcelé, qui souffre de retard technologique et de sous-investissement », analyse le MAPAQ.


« Chacun s'est développé dans son coin, contrairement aux producteurs ontariens. »


En somme, la Belle Province a encore quelques croûtes à manger en matière d’autonomie alimentaire !


Des entreprises qui bougent


Une nouvelle marque voit le jour au Lac-Saint-Jean

La Ferme Tournevent, basée à Hébertville, a ajouté un volet « transformation alimentaire » à son offre. Sous le nom Tournevent, l’entreprise jeannoise fabrique non seulement quatre huiles vierges biologiques (canola, caméline, lin et chanvre), mais aussi trois grains et trois légumineuses (chanvre, lin doré, lin brun, lentilles dupuy, lentille béluga et pois jaunes).


Encore plus de patates signées Québec Parmentier 

Québec Parmentier, qui commercialise différentes variétés de pommes de terre, a récemment fusionné avec Patate-Saint-Ambroise. Objectif à long terme : accroître la productivité. L’entreprise de Québec possède ainsi des actifs tant dans le domaine de l’emballage que dans celui de la transformation de pommes de terre et d’autres légumes. Qui plus est, trois nouvelles fermes s’ajoutent aux 25 qui approvisionnaient déjà le groupe.


Solina avale Berthelet

Spécialiste des ingrédients salés, le groupe européen Solina a acquis Produits alimentaires Berthelet, dont les usines de Laval et de Boisbriand fabriquent des assaisonnements, des soupes et des sauces. Les 170 employés québécois de l’entreprise s’ajoutent ainsi aux quelque 1700 employés de Solina dans le monde.



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