Interdiction du porc canadien en Chine: état des lieux
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07/2019

Interdiction du porc canadien en Chine: état des lieux

« Dans un contexte où la Chine s’affiche comme le deuxième importateur de viande du Canada, la situation cause beaucoup d’incertitude, en particulier au Québec. »

Le 25 juin 2019, la Chine fermait « temporairement » ses frontières à toute viande de porc provenant du Canada. La raison ? Les douanes chinoises auraient découvert des résidus de ractopamine, un médicament qui peut être donné aux bœufs et aux porcs pour améliorer leur gain de poids, dans une cargaison de langues de porc censée provenir d’une entreprise québécoise.

Or, il semble que le conteneur en cause ait été doté d’un faux certificat de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. La GRC, saisie du dossier, continue son enquête visant à déterminer d’où provient la viande contaminée.

À ce jour, l’origine de ces langues de porc n’est toujours pas connue, mais la ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, a identifié le Canada comme une victime dans cette affaire. « On n’est pas les premiers à voir son nom utilisé pour l’émission de faux certificats. C’est un problème mondial. C’est très rare que le Canada soit touché par cela parce qu’on a un système particulièrement fort, mais on n’est pas exempt de cela et la preuve, c’est que l’on vient d’être touchés », a-t-elle dit en conférence de presse à Montréal.

Dans un contexte où la Chine s’affiche comme le deuxième importateur de viande du Canada, la situation cause beaucoup d’incertitude, en particulier au Québec, qui produit 45 % du porc canadien exporté à l’étranger.

L’expert en économie Daniel-Mercier Gouin estime pour sa part que les conséquences pourraient être sérieuses pour l’industrie si la fermeture des frontières chinoises se prolonge, surtout pour les entreprises d’abattage et de transformation, qui devront absolument trouver d’autres marchés.

De fait, dans un contexte où les exportations de porc canadiennes en Chine avaient crû de 52 % durant les quatre premiers mois de 2019, c’est toute la chaîne d’approvisionnement qui devra rectifier le tir et s’ajuster à la demande.

Pendant ce temps, une autre nouvelle se révèle autrement plus positive pour l’industrie porcine : IGA a annoncé que seul le porc québécois se trouvera désormais sur les tablettes de ses épiceries dans la Belle Province, une première en ce qui concerne le porc frais. La provenance 100 % locale sera aussi assurée dans les autres bannières appartenant à la chaîne, soit Rachelle-Béry, Les Marchés Tradition et Marchés Bonichoix.


Les entreprises qui bougent


Parmalat avale une partie de Kraft Heinz

Parmalat Canada, filiale du groupe français Lactalis, a acquis la division des fromages naturels de Kraft Heinz Canada. Cette transaction de 1,62 milliard de dollars concerne les marques Cracker Barrel, P’tit Québec et aMOOza !, qui sont fabriquées à l’installation d’Ingleside, en Ontario. Quelque 400 employés passent ainsi chez Parmalat Canada, qui comptait déjà plus de 3 000 employés et 16 usines de transformation au pays.


Exceldor et Granny’s fusionnent

La famille Exceldor, qui commercialise notamment les marques Exceldor, Butterball et Lacroix, fait alliance avec la coopérative Granny’s de Winnipeg, au Manitoba. Le siège social de Granny’s déménagera à Lévis. Exceldor, qui compte désormais près de 3 500 employés et 400 membres dans quatre provinces canadiennes, s’apprête en outre à ouvrir un nouveau centre de distribution à Belœil.


Ménard s’entend avec La Coop fédérée

La Coop fédérée a conclu une entente visant l’acquisition des actifs de F. Ménard, l’un des principaux acteurs dans l’industrie de la production porcine au Québec. Fondée il y a près de 60 ans, l’entreprise familiale de L’Ange-Gardien poursuivra donc ses activités dans les secteurs du porc et des meuneries au sein d’Olymel et de Sollio Agriculture respectivement, divisions de La Coop fédérée. À noter que les activités de production de volaille de F. Ménard ne sont pas touchées par cette transaction, qui doit encore être approuvée par le Bureau de la concurrence.

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